Chronique d’une chronique!

Internet nous offre un forum pour débattre avec le blogue et le web 2.0 nous a offert une mémoire radiophonique avec le podcast.
Didier Porte (DP) est un chroniqueur de France inter qui sévi dans l’émission de Stéphane Bern Le Fou du roi ainsi que le matin dans le journal de Nicolas Demorand Le 7/10, pour ceux qui ne le connaissent pas.

Sa prise de bec avec Arthur avait fait un buzz qui a plus servi à la notoriété de DP que d’Arthur.
J’écoute sa chronique assidûment depuis quelques années déjà, je l’apprécie pour sa causticité, son courage à sortir les vieux dossiers en face de son invité de Charles Pasqua à Nana Mouskouri.

Son talent est reconnu car nous vivons aujourd’hui dans un monde où les journalistes et autres animateurs ne sont plus critiques envers les artistes ou plus généralement envers le monde politique et culturel.



Stéphane Guillon dénonce, Didier Porte enfonce…

Didier Porte a le mérite d’aborder des sujets devenus tabous teintés parfois avec humour.
Ce célèbre chroniqueur de Radio France a fréquenté les mêmes bancs d’école que Brice Hortefeux, il ne s’en cache pas dans ses chroniques, sous-entendant qu’il ne partage pas ses idées.
DP a partagé les mêmes professeurs et le même environnement à Neuilly-sur-Seine et cela s’entend dans ses chroniques.
Bien entendu Didier Porte dira que c’est du second degré à la Stéphane Guillon mais DP n’a pas le même talent ni le même humour noir!

La radio, une histoire d’amour.
Le sujet choisi, Didier Porte (DP), n’est pas l’avis d’un néophyte découvrant un jour ce

chroniqueur sur internet ou sur une quelconque radio périphérique…
Mon amour de la radio dure depuis prés de deux décennies.

Mon premier choc radiophonique eut lieu à l’internat en 1988, avec Radio Future génération et son émission culte Lune de Fiel. Ce fut un tremblement de terre dans ce collège de Jésuite, quand le directeur
M. Chapellier eut un échantillon de l’émission, des cassettes se vendant sous le manteau dans la cour du très réputé Collège…

La radio privilégie le fond à la forme.

France Inter est une radio que j’apprécie plus particulièrement, pour ses émissions engagés politiquement et qui vulgarise de nombreuses disciplines. France inter est moins élitiste que France culture, que j’écoute parfois aussi. La radio est moderne, elle privilégie le fond à la forme, elle nous permet de nous concentrer sur les propos d’un politique au lieu de la couleur de sa cravate!

France Inter, la différence.

A France Inter, tous les avis politiques sont représentés, de la droite affirmée voire extrême de Patrice Gélinet, ancien d’Occident, avec son émission 2000 ans d’histoire, à Daniel Mermet d’extrême gauche, avec son émission là-bas, si j’y suis.
Didier Porte n’est pas un OVNI dans la grille de programme de France Inter, je me rappelle que l’année dernière messieurs Porte, Guillon et Val tenaient une chronique le matin par alternance! Espérons que ce dernier, Val, devenu premier ne bouleversera pas cet équilibre précaire.

« Rien à Cirer« 

Revenons donc à notre patient, Didier Porte, je l’écoute depuis qu’il tient sa chronique dans l’émission de Stéphane Bern, Le Fou du Roi. DP m’était inconnu du temps de Rien à Cirer avec Laurence Boccolini, qui apparemment n’était guère appréciée par son équipe de chroniqueurs (cf. capture écran ci dessous du site internet de DP )


Presque dix ans déjà, cela ne me rajeunit pas, que je connais cette homme. Combien d’années ai-je attendu le moment fatidique pour écouter sa chronique!

Pour Un Autre Monde

Le monde dont je rêve est un monde non-communautaire où « Pierre l’africain des Antilles » et Patrick le breton des Alpes, ont la même importance dans la vision et le ressenti concernant la xénophobie.
Penser que seuls les discriminés ont légitimité de juger les discriminations, represente un comportement discriminatoire.


Ne pas Franchir la ligne jaune

La ligne jaune est infime et il m’arrive aussi de la franchir, c’est un combat de tous les jours afin de bannir toute forme de discrimination.

Coluche et Desproges sont aussi concerné par mon analyse, au regard de certains de leur sketches . Compte tenu de la volée de bois-vert que j’ai reçue, je n’attaquerai pas ces légendes, mais je n’en pense pas moins.
Le film sur Coluche réalisé par Antoine de Caunes, l’histoire d’un mec , traduit magnifiquement l’ambiguïté du personnage pendant les élections présidentielles de 1981, avec son alliance politique incluant des soutiens de l’extrême gauche à l’extrême droite.
Desproges était un homme fin et intelligent, anti-conformiste mais imprégné par les préjugés de son époque. Certains de ses propos sont contestables aussi.

Une démarche globale dans la lutte contre la connerie…

La discrimination est sournoise et touche chacun de nous. En aucun cas je ne veux être le censeur des médias ou le défenseur d’une soit disant « communauté ».
La discrimination est présente partout, aux Antilles: entre guadeloupéen et martiniquais mais aussi entre antillais et africain, en Israël: entre Séfarade et Ashkénaze, entre israélien et palestinien, en Algérie: entre kabyle et arabe, au Maghreb: entre marocain et algérien, entre maghrébin et arabe du proche orient etc…


Un procès d’intention assumé.

Au fil des ans, en « accueillant » Didier Porte dans « mon foyer » par le biais de ses chroniques, je me suis aperçu petit à petit que cet homme a beaucoup de préjugés et qu’il lui est difficile de sortir d’une éducation comme la sienne.
C’est un procès d’intention certes, les seules informations disponibles sont qu’il est né à Neuilly sur seine en 1958, a eu comme camarade de classe Brice Hortefeux, et comme lui, a fréquenté la faculté de Nanterre. Nous connaissons aussi le prénom de ses enfants: Perrine, Gaston et Virgile.
Neuilly-sur-seine, Brice Hortefeux, un fils qui s’appelle Virgile, certains ont été discriminé pour moi que cela!


SAV des émissions, en panne
!

Ce qui m’a choqué dans la chronique de DP sur omar Sy, c’est qu’au final, avec la bienveillance et l’antiracisme de DP que je ne met pas en doute, Didier Porte n’a rien vu d’autre qu’un grand noir et sa chronique ne prend en compte que sa couleur de peau.
J’aurai aimé que Didier Porte aille au-delà des clichés et se moque des différents personnages du SAV des émissions ou raille son spectacle avec Fred qui est perfectible, en effet ce n’est pas ce qu’Omar & Fred ont fait de mieux.

L’arroseur arrosé

Le combat politique de Didier Porte défendu parfois dans ses chroniques est louable. Mon propos n’est pas d’insulter cet humoriste ni de mettre en doute son combat politique.
Le portrait qu’il a brossé d’Omar Sy est raciste, je maintiens mon affirmation.
Ne voir en Omar qu’un sénégalais, même en voulant mettre en avant le racisme ambiant en France, procède de la même construction idéologique que le raciste qu’il croit dénoncer.

C’est le dernier article que je rédige sur un humoriste quel qu’il soit. Je ne veux en aucun cas être un « anti-raciste censeur », juste un homme honnête, faillible et débarrassé de tous les tabous et préjugés. Mon combat ne se résume pas à une traque de l’humoriste raciste!

En conclusion, avec la meilleure intention, NOUS ne sommes pas à l’abri de la discrimination et de la xénophobie, et Didier Porte aussi!
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6 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Anonyme dit :

    Comme certains, dans les commentaires précédents, j'apprécie beaucoup les chroniques de Didier Porte.
    Je pense toutefois que DP, dans sa chronique sur Omar Sy,
    a précisément voulu dénoncer un travers de nombreux français, qui est de ne considérer un noir que pour sa couleur de peau et ses origines et non pour sa personnalité et ses accomplisements.
    Pour être totalement honnête, je suis français et blanc de peau.

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  2. Nicolas dit :

    Je ne connais pas les positions politiques de Didier Porte et ne m'y intéresse pas franchement, mais ce « sketch » est excessivement déplacé (ou mal écrit ?). Je peux comprendre l'humour mais n'ai entendu ici qu'un enchaînement de stéréotypes véritablement pathéiques. Navrant. Omar Sy a paru rester impassible. Savez-vous s'il y a eu des réactions à ce triste spectacle ?

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  3. Fondouce dit :

    Bonjour,

    Je partage quelques pensées de cet article mais je ne comprends pas comment on peut reprocher A DP ses clichés tout en étant aussi atteint de « clichénite » présenté comme suit: Porte, né A Neuilly = bourgeois = raciste! Porte a aussi dit qu'il a connu Arthur dans des villes nettement moins classe que Neuilly (Longjumeau je crois)quand il était jeune!

    Cette fois-ci, Porte (qui fait 6 chroniques par semaine donc qui peut etre en manque d'inspiration) a choisi de parler de la faible représentation des acteurs noirs dans le PAF actuel, cela n'en fait pas du tout 1 raciste. Par contre, si a chaque fois qu'1 noir passerait dans son emmission, il tiendrait les memes propos, je serai d'accord avec vous mais c'est loin d'etre le cas et vous devez le savoir.

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  4. marc dit :

    Je n'ai jamais entendu de Patrice Gélinet qui me laissait entendre qu'il était encore sur sa position d'extreme-droite. Pourtant, connaissant sa jeunesse, je suis vigilant depuis des années. Il ne loupe pas l'occasion de faire une peau de banane anti-sarko… et il a bien raison !

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  5. Anonyme dit :

    C'est dommage que Didier Porte ait exclusivement dédié sa chronique à la couleur de peau d'Omar Sy. Mais il faut avouer qu'il n'a pas eu beaucoup d'autres occasions de parler de la représentation des français originaires d'Afrique noire… puisqu'il y a justement si peu d'invités originaires de ces régions !

    Dans la mesure où sa chronique a été totalement influencée par une couleur de peau et une origine, et puisqu'elle présente une ribambelle de préjugés (même au second degré), le terme de « raciste » peut être accepté dans un certains sens. On peut qualifier le passage prétentieux sur le Sénégal de « raciste », puisqu'il affirme la supériorité de notre civilisation sur la leur. Mais les clichés sont tellement gros que sa passe de justesse.

    Mais méfiez-vous : à force de donner au terme de « raciste » autant d'extensions, vous risquez d'en diminuer sa compréhension. En d'autres termes, en considérant ce genre de chroniques de « raciste », vous contribuez à banaliser l'usage de ce mot, et même à en faire perdre son sens.

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  6. Anonyme dit :

    Didier porte est spécialiste de l'ironie et du second degré, ne l'oublions pas.. Mais d'accord le risque de ce type d'humour c'est d'être vite lourd et mauvais, surtout quand l'auditoire ne le suit pas dans son second degré. Ca semble un peu le cas dans cette chronique et ça fait bizarre de ne pas entendre Omar rigoler, on dirait qu'il n'a pas apprécié du tout et qu'il a pris toute la chronique au premier degré… C'est vrai que je réagirais peut-être pareil si je ne connaissais pas Didier Porte et si je l'écoutais pour la première fois…

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